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Dans les années 50, principalement, il y avait une propension énorme à consommer de la drogue chez les grands jazzmen. Le jazz, une musique caractérisée notamment par des improvisations et, peut-être à cause de ces dernières, était alors envahi par l’univers des drogues dures. Charlie Parker, un joueur de saxophone alto phénoménal, était presque aussi célèbre pour sa dépendance à l’héroïne que pour son jeu qui lui avait valu le surnom de « Bird ». On avait d’abord cru qu’une partie du génie de « Bird » Parker provenait de la consommation de drogue aussi, un grand nombre de musiciens de son époque ont cru hélas, qu’en partageant sa dépendance, ils allaient partager un peu de son génie. On sait que la qualité de jeu de Parker ne pouvait s’expliquer que par une grande concentration et un talent hors du commun. Je suis personnellement convaincu que les musiciens se sont même nui avec leur consommation. Quand on a retrouvé la dépouille de Parker, au milieu des années 50, le médecin légiste avait écrit sur le certificat de décès qu’il s’agissait d’un homme de race noire âgé d’environ une soixantaine d’années mais Parker n’avait que 34 ans! Heureusement, les jazzmen n’ont pas tous subi le sort de « Bird » et certains, en plus d’abandonner leur dépendance, ont vécu assez vieux. C’est le cas de Sonny Rollins. S’il y avait quelqu’un dont on disait qu’il jouait comme Parker, c’est Theodore Walter « Sonny » Rollins. D’une virtuosité exceptionnelle pour un saxophoniste ténor, on dit de lui qu’il fut le premier ténor à jouer comme un altiste. (wikipedia) Rollins fut le partenaire de drogue de Miles Davis mais après s’être pris en main et avoir cessé de consommer, il est devenu aujourd’hui le dernier géant actif du jazz. Né en 1930 à New York, il demeura imprégné par la musique new-yorkaise. Dans sa jeunesse, il découvre rapidement Fats Waller et Louis Armstrong. Sous l’influence de Louis Jordan, Sonny joua de l’alto jusqu’à l’âge de seize ans alors qu’il devient saxophoniste ténor, voulant être l’émule de Coleman Hawkins. Inspiré par le jeu de Charlie Parker, Rollins fait ses débuts dans le be-bop à la fin des années 40. Il se fait rapidement reconnaître par les musiciens d’Harlem. Pris en charge par Thelonious Monk, il fait ses premiers enregistrements. On y reconnaît immédiatement une sonorité pure près de celle de Hawkins et une habileté rythmique basée sur la déconstruction/reconstruction des thèmes. (wikipedia) Débutant à New York, il joue avec Monk, Davis et Powell alors qu’il n’a même pas vingt ans! Puis dans les années 50, il collabore avec tout le milieu vedette du hard-bop : Clifford Brown, Max Roach, Tommy Flanagan et John Coltrane. Le free-jazz, en 1960, marque une pose dans sa carrière et, pour un certain temps, il n’enregistre plus. Il passe des heures à jouer sous le pont de Williamsburg à New York et il voyage en Inde. L’album qui marque son retour en 1962 s’intitule « The Bridge ». Le free-jazz n’a pas été sans marquer son style, on lui reconnaît maintenant des tempos flottants et une nouvelle sonorité. En plus de signer la bande originale du film « Alfie » (1966), il fait, dans les années soixante, d’heureuses associations avec notamment Elvin Jones et Coleman Hawkins. Il n’est pas très vieux qu’il compte déjà des albums célèbres comme : Saxophone Colossus (1955), Tenor Madness, Sonny Meets Hawk et autres. Le saxophoniste ténor a fait un grand nombre d’enregistrements dont de très bons au club de jazz « Village Vanguard ». Si vous ne connaissez pas bien la musique de Rollins, vous l’avez peut-être déjà entendue malgré tout car il est l’auteur du générique de l’émission « Bouillon de culture » de Bernard Pivot (le morceau est « The night has a thousand eyes »). Celui à qui Miles Davis avait donné le surnom de « Newk », parce qu’il ressemblait à Don Newcomb, un lanceur des Dodgers de Brooklin, a été honoré plusieurs fois. En 2007, Sonny Rollins reçoit le prestigieux prix « Polar Music Price ». Le 9 octobre 2010, le saxophoniste sera reçu membre de l’ « American Academy of Arts & Sciences ». Pour lui, le jazz est l’art le plus exigeant. Il relève bien ce défi depuis plus de cinquante ans. Les grands jazzmen des années 40 et 50 étaient des gens très spéciaux et leur originalité a beaucoup fait avancer la musique. N’hésitez pas à écouter les enregistrements de Sonny Rollins (surtout les plus anciens) car beaucoup d’entre eux sont des références pour un grand nombre de saxophonistes. Références http://fr.wikipedia.org/wiki/Sonny_Rollins Miles Davis, Quincy troupe, The Autobiography, 1990, touchstone, NY. USA. |
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