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Mon secondaire V |
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J’avais été mis à la porte de l’école pendant deux ans. La troisième année, je me suis présenté et le directeur m’a dit d’aller voir son adjoint et il lui m’a accepté. J’avais été mis à la porte parce que j’avais fait des menaces à mon professeur de français. J’étais très âgé : j’avais 21 ans! Une fois, j’étais dans la salle, il y avait mille élèves, toute l’école quoi! Le directeur a voulu présenter les deux candidats pour l’élection du président de l’école, mais la foule n’arrêtait pas de crier. Il a donc décidé que le speach des candidats se ferait par intercom dans chaque classe. J’étais bien content que le directeur qui m’avait congédié n’ait pas pu avoir la parole. Je recommençais l’école après deux ans de congé. J’ai voulu bien participer au monde de l’école, c’est-à-dire bien m’intégrer. Je me suis fait élire président de la classe. On n’avait pas la permission de porter le jeans à l’école. Donc un membre du conseil étudiant a pris le micro dans la grande salle où se trouvaient tous les étudiants et nous avons fait la grève pendant tout un après-midi. Cela a donné des résultats parce que par la suite, on a eu la permission de porter des jeans. Il faut dire qu’à l’école, il n’y avait pas de filles, seulement des garçons. Faut dire aussi que j’avais mon journal. Ce n’était pas vraiment un journal, mais une feuille avec les potins de l’école et une petite bande dessinée en haut de la page. Mon journal était corrigé par un professeur de français et tapé par un étudiant qui connaissait bien la dactylo. Il était imprimé par la secrétaire de l’école et il était distribué tous les vendredis à mille exemplaires, c’est-à-dire une feuille sur chaque pupitre de l’école. J’étais président de ma classe, et un midi, avant que le professeur rentre dans la classe, Beaupré voulait se battre avec moi. Si je l’avais fait, j’aurais eu du trouble avec les autorités. Comme j’en avais déjà eu, je ne voulais pas que ça se répète. Donc je l’ai mis au défi de se battre sur un talus en arrière de l’école après la classe à 4 heures. Il m’avait traité de mauviette. Je voulais sauver la face et j’étais très en forme. Donc à 4 heures en bas du talus et toutes les classes installées sur la pente, j’ai commencé à le pousser et à faire différentes prises. Après cinq, six ou sept minutes, le combat était terminé et nous nous sommes donné la main. À l’occasion de la semaine étudiante, mon prof d’anglais m’a demandé de réaliser un projet pour sa classe. J’ai donc décidé de faire un pub parce qu’en Angleterre, il y a toutes sortes de pubs. Donc j’ai voulu avoir un endroit qui était central dans l’école. J’ai voulu avoir le local de l’infirmerie et je l’ai eu. Mon pub s’appelait the Old-English pub. Il me fallait des breuvages. J’ai donc contacté Hires-Root beer. Ils m’ont amené des bonbonnes de liqueur et ils m’ont prêté six ou sept douzaines de bocks de liqueur que nous vendions dix cents le bock. Et pour la nourriture, j’ai contacté une boulangerie. On nous amenait de dix à douze douzaines de beignes tous les matins que nous vendions cinq cents l’unité. J’ai décoré le pub avec des animaux empaillés. Il y avait un local de taxidermie dans l’école. J’ai acheté des rouleaux de vinyle avec des petits carreaux pour mettre sur les tables. On a monté un gros piano pour avoir de la musique. Le gars de la radio étudiante avait aussi enregistré trois heures de musique bavaroise. On gardait les profits. On se disait que les compagnies se diraient : c’est pour les étudiants. Je me suis improvisé comme publicitaire de l’école. L’Halloween était proche et l’école fêtait en grand. Donc, j’ai eu l’occasion de faire mon baptême de l’air. Je suis allé voir Beaudoin, car je savais qu’il avait ses licences de pilote d’avion. Il m’a dit que c’était possible. Donc j’ai fait imprimer deux mille feuilles avec un dessin de chauve-souris annonçant l’orchestre « les Hunted ». Embarqué dans le Cessna, j’étais assis en arrière et Beaudoin qui conduisait l’avion a dit : «Ouvre la porte pour jeter les papiers». J’ai dit «non», j’avais trop peur. Alors Beaudoin a ouvert un petit hublot et a jeté les papiers. C’est ce que nous avons fait. Rendu à l’aéroport, après avoir atterri, l’avion s’est tourné pour se stationner. C’est là que nous avons vu un tas de papiers étendus sur la piste d’atterrissage. Certains papiers avaient accroché l’aileron arrière. Le gérant de l’aéroport nous a obligés à ramasser tous les papiers sur la piste d’atterrissage. Et on s’est fait réprimander parce qu’il fallait avoir un permis pour jeter des papiers au dessus de la ville. J’ai réussi à passer mes examens de fin d’année. Même en chimie, j’ai triché en copiant sur le voisin. Je me suis bien amusé et je n’oublierai jamais mon secondaire V. Après cela, je suis allé travailler. Salut et vive Charlemagne! |
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