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Déjà septembre! Ce mois-ci, transportons-nous dans l’univers d’un conte inspirant, «Le Renard et l’Enfant », avec l’actrice Bertille N. Bruneau, interprète du rôle-titre. Ce film français de Luc Jacquet et des réalisateurs de « La marche de l’Empereur », est narré par Isabelle Carré qui apporte aux dialogues de l’actrice, un ton intimiste. Tout d’abord, mentionnons qu’à la source, cette histoire est née d’une expérience personnelle de l’auteur. Dans son enfance, qu’il passe dans les montagnes de l’Ain en France, Luc Jacquet fait la rencontre improbable et fascinante d’un renard. Le vif souvenir qu’il en garde, l’amène trente ans plus tard, à la concrétisation de ce rêve; aussi s’en inspire-t-il pour réaliser la première scène du film. Un matin d’automne, au détour d’un chemin, Camille âgée de dix ans, se promène dans une grande clairière entourée de sapins, lorsqu’elle aperçoit un renard se délectant d’un crocus (plante herbacée à bulbe). Obnubilé par ce qu’il fait, il ne porte pas attention à Camille qui l’observe. Fascinée au point d’en oublier toute peur, elle ose s’approcher. Puis sans crier gare, l’animal se retourne, fixe la fillette intensément et prend la fuite. Cette rencontre imprévisible ouvrira la porte d’une fabuleuse aventure où naîtra une amitié singulière entre le renard et l’enfant. Dès lors, Camille voudra à tout prix l’apprivoiser. Le lendemain, elle retourne sur le lieu de leur rencontre pour l’observer en cachette. Le renard se montre enfin, se retourne, lui jette un autre regard et disparaît. Le troisième jour, ravie d’attirer son attention, elle est prise à son propre jeu par celui-ci. L’automne va se poursuive puis s’achever ainsi, au rythme de leurs retrouvailles. L’hiver s’installe, recouvrant la clairière de son manteau blanc et miroitant. Camille, excitée par cette nouvelle neige, fredonne en suivant les traces laissées par son ami. Tout à coup, voyant des loups au loin, elle s’affole et crie en prenant ses jambes à son cou. Dans son empressement, elle trébuche et se blesse à la jambe. Elle passera le reste de la saison plâtrée, ne pouvant plus sortir. Frustrée, elle se réfugie dans la lecture, dévorant tout ce qui concerne les renards. Sa nouvelle passion lui remonte le moral et le temps lui paraît moins long. Puis, une ombre vient assombrir ses espoirs de retrouver son ami vivant; une campagne est lancée, visant à abattre les renards de la région. Une nuit, Camille entend de sa fenêtre de profonds hurlements, ressemblant à une bataille ou un accouplement. Elle apprendra, sa convalescence terminée, que son ami a rencontré une renarde et qu’il est le père de trois rejetons. Ce dur hiver se terminera dans un climat d’incertitude. Le printemps! Les arbres en fleurs laissent paraître toute leur splendeur. Une nuit, un coup de fusil se fait entendre. Cette saison des réjouissances amènera malgré tout une triste nouvelle; la compagne du renard est abattue par un chasseur. Pour Camille, cette nouvelle saison signifie la fin de son hibernation. Des sentiments de bonheur et de peur l’envahissent en même temps. Va-t-elle revoir son cher compagnon? Elle scrute chaque tanière qu’elle rencontre, en criant à maintes fois : « Renard, Renard ». Pendant ce temps, celui-ci reniflant la présence d’un prédateur et craignant pour ses petits, sera forcé de trouver un autre abri. Camille elle, toujours déterminée à savoir où habite son ami, va continuer à le poursuivre. Un jour, l’apercevant coincé dans un tronc d’arbre mort, à cinq ou six mètres du sol, elle est certaine qu’il est prisonnier d’un piège installé par les chasseurs. Puis, en regardant au pied de l’arbre, elle aperçoit un lynx, effectuant d’incroyables sauts, espérant attraper cette proie délectable. Heureusement Camille, voulant sauver son ami, réussira à faire diversion en criant très fort. À partir de ce jour, le renard lui offrira toute sa confiance et leur lien d’amitié grandira sans cesse. Petit à petit, celui-ci laissera la fillette l’approcher, le toucher puis le caresser. Poussant l’audace, il lui permettra de câliner ses bébés et de jouer avec eux librement. Au fil du temps, une grande connivence les réunira et ils deviendront inséparables. Ensemble, ils partageront mille et une aventures. Le renard, qu’elle surnomme affectueusement « Titou », l’amènera à la découverte de lieux insoupçonnés et grandioses. L’œil malicieux, il donnera l’impression de mettre Camille au défi de le suivre. À l’apogée de leur entente, la fillette devenue très familière avec Titou, posera un geste maladroit, venant perturber le cours paisible de leur existence. On se laisse prendre par ce conte touchant de vérité, traitant de cohabitation entre l’humain et l’animal sauvage. Sans cliché, il rappelle le respect à lui témoigner ainsi qu’à son environnement. Nous prenons conscience de la nuance entre « aimer et posséder un animal» Vous voyagerez à travers de grands espaces pittoresques et envoûtants. De plus, on nous réserve une fin surprenante. Je tiens à souligner l’excellent travail accompli par l’équipe technique. De fait, le tournage réalisé sous forme «documentaire » et « traditionnelle» n’a pas été de tout repos et a demandé beaucoup de patience. Une première équipe a été envoyée dans les Abruzzes ( région montagneuse du centre de l’Italie ), pour une période de six mois afin d’observer et de filmer des renards sauvages dans leur environnement. Pour atteindre ce but, l’équipe devait établir une relation avec ces animaux, qui n’étant plus chassés depuis plus de cent ans, demeurent les moins farouches d’Europe. On observait alors des comportements susceptibles de servir de nœuds dramaturgiques au scénario écrit en parallèle. Ce sont eux, par exemple, qui ont découvert que les renards, au printemps, se régalent de crocus. Trouvant l’idée originale, l’auteur l’a intégrée à l’histoire. L’équipe photographie a, elle aussi, dû faire preuve de patience. Mise à l’épreuve par les caprices de la nature, elle a dû attendre cinq jours afin d’obtenir le lever du soleil du générique. Comme se rappelle le directeur Gérard Simon : «nous revenions sur un même décor jusqu’à ce que la lumière nous convienne.» Je veux vous parler de l’actrice Bertille N. Bruneau, personnifiant « Camille ». Sa nature mystérieuse et réservée servait à merveille le rôle. Elle a su apporter candeur, spontanéité et profondeur à son interprétation. Aussi, pour les besoins de la cause, l’actrice a eu à se familiariser avec les renards. Pour se faire, elle a pu compter sur la collaboration de Marie-Noëlle Baroni, une spécialiste animalière, qui vit avec cinq renards. Cette relation privilégiée entretenue avec les animaux, a permis de tourner en toute sécurité. Des renardeaux de quelques jours ont été recueillis d’une campagne de destruction et l’actrice a pu s’exercer en leur donnant le biberon. Elle a eu la chance d’expérimenter une multitude de choses avec eux. N’ayez crainte, aucun animal du tournage n’a souffert de mauvais traitements. P.S. : Le personnage de la petite fille n’ayant pas de prénom, j’ai dû lui en inventer un pour les fins de cet article. Vous pouvez vous procurer ce film dans les clubs vidéos ou à la Grande bibliothèque nationale. |
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